La CGL alerte sur le coût non pris en compte de la rénovation énergétique des bâtiments pour les bénéficiaires

Suite au conseil de défense écologique, présidé par Emmanuel Macron, la nouvelle ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, a invité plusieurs institutions à une concertation sur les mesures de la Convention citoyenne pour le climat portant sur la rénovation.

L’objectif de cette réunion, qui a eu lieu vendredi dernier, était de permettre aux membres de la Convention citoyenne de présenter les propositions qu’ils ont adoptées et d’en expliquer les objectifs et l’esprit, afin d’enrichir les études d’impact de chaque proposition, en particulier sur les aspects environnementaux, sociaux et économiques.

La CGL a toujours souligné l’urgence sociale pour le gouvernement de se pencher sérieusement sur le problème de la rénovation thermique des bâtiments afin de permettre à tous de bénéficier d’un logement décent. Cependant elle a alerté la ministre, et Madame Emmanuelle WARGON, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement, sur les conséquences économiques et sociales de ces mesures :

Nous sommes ravis de voir enfin abordé le projet de rénovation énergétique des bâtiments par le gouvernement, mais combien le projet en l’état va-t-il coûter aux usagers ? L’Etat a l’air de prévoir d’y investir beaucoup d’argent, et il semble y avoir de nouvelles aides à venir (jusqu’à 80 % de prise en charge pour les ménages les plus modestes), mais le gouvernement n’assumera sûrement pas l’ensemble des coûts pour isoler tous les logements de France. Même si l’isolation thermique va permettre aux propriétaires et locataires de faire des économies, elles ne seront jamais à la hauteur des investissements nécessaires pour y parvenir. Surtout avec les sanctions envisagées via l’augmentation de la taxe foncière. Le risque majeur est donc de voir encore baisser le nombre de logements disponibles sur le marché. ”, souligne Michel Fréchet, Président de la Confédération Générale du Logement (CGL).

“ Nous l’avons déjà constaté par le passé avec la loi Duflot qui n’a pas donné, au final, les résultats espérés. Sans compter la facilité de contourner ces lois et les nombreuses arnaques entourant les aides existantes (Isolation à 1€ notamment). Il est prévu des guichets uniques pour informer les usagers (propriétaires occupants, propriétaires bailleurs, et locataires) sur les travaux nécessaires et les aides, ce dont la CGL se félicite. Mais le projet en l’état manque de cadrage, de management des risques et d’information sur les moyens de contrôle. ”, ajoute-t-il.

“ Si ce projet s’entend sur une décennie au moins, il faut aussi se poser la question du nombre de professionnels qualifiés actuellement sur le marché et de leurs disponibilités. Il semble donc inévitable que nous constations vite une hausse des prix de ces travaux d’isolation, liés à l’augmentation, prévisible et provoquée, des demandes. La CGL alerte donc sur l’impact social et économique de ces mesures qui risquent surtout de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des Français et de nourrir la pénurie de logement en zones urbaines et périurbaines. Nous remarquons, encore une fois, que la politique de logement ne semble pas considérer en premier lieu les besoins des usagers quand elle est menée par le prisme de l’écologie.” conclut Michel Fréchet.

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